jeudi 21 mai 2009

L'Ankou

Cette nuit le sommeil ne vient pas.

Cela fait deux heures que je tourne dans le lit.
Par moment je rallume la lumière pour lire quelques pages de Stieg Larsson : "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes".
Puis lorsque mes paupières deviennent lourdes, je replonge dans l'obscurité.

Mais là, Pen Men s'invite à travers les volets. Un feu blanc. Quatre éclats groupés en 25 secondes. Un-deux-trois-quatre-rien-un-deux-trois-quatre-rien-un-deux-trois-quatre-rien.

L'horloge dans la salle à manger sonne la demie de onze heures. Je fait tomber les draps sur plancher. J'enfile un jean sous ma chemise de nuit. Emprunte la polaire de l'homme qui dort profondément.

Dehors, le vent souffle. Je réalise que j'ai oublié mes tennis dans la maison....tanpis...Inutile de faire grincer une deuxième fois l'escalier.... Le sol est humide, froid. Le souffle du vent dans les feuilles des arbres se confond au bruit des vagues se fracassant dans le trou de l'enfer.

Le trou de l'enfer.....Les vagues....dans une dizaine de minutes le soleil vert s'approchera du fond des eaux glacées.En pressant le pas, j'y serais à minuit.

Au trou de l'enfer.

Mais pieds nus.....difficile de presser le pas. Même si je connais le chemin par coeur...à travers les ronces qui à la fin du mois d'août donnent des mûres gorgées du soleil de l'été....à travers les chardons...à travers les ajoncs....à travers cette lande...

-"Bonsoir"

-"Bonsoir"


-"vous ne tremblez pas?" me demande-t-il surprit.

-"Non. Toute petite, la mort m'angoissait. L'idée que tout s'arrête.Que tous mes sens cessent. Alors, je n'ai jamais accepté que vous puissiez venir un jour. Je n'ai jamais accepté que je sois mortelle. Lorsque l'on parle de vous, je quitte la pièce. Cela ne m'intéresse pas. Je suis immortelle.


-"vraiment? immortelle ?"

-"Et pourquoi pas, d'ailleurs mon fils l'autre jour m'a confié que plus tard il souhaiterait être un Dieu....et...je suis sa mère...."

-"Je vois...."

Un long silence s'installe.

Minuit sonne dans la salle à manger.

-"On y va"

-"Vous êtes sur ? Me serais je trompée alors?"

-"L'erreur est humaine...."

4 commentaires:

Marcus a dit…

Brrr, on va bien finir par faire fuir les touristes. Merci pour le clin d'œil.

Marcus a dit…

Si je peux me permettre, dans la série de mes diableries en Bretagne : les diableries de Marcus à Saint-Cado.

Bleupiloumawenn a dit…

Mince alors, le lien ne marche pas : page introuvable....Et pour les touristes, fut une époque j'aurais dit : et alors?! Mais maintenant je pense à Tifenn alors je dis : Mais non venez !!!

Marcus a dit…

Un peu la même réaction pour les touristes, chez moi c'est le trop plein.

Désolé pour le lien, petite erreur de ma part, c'est ICI.